L’ESSENTIEL EN 20 SECONDES
On parle de polymédication dès 5 médicaments ou plus pris régulièrement – un seuil où les risques d’interactions grimpent nettement.
Au Québec, la proportion d’aînés utilisant 10 médicaments ou plus par année est passée de 26,0 % à 38,1 % entre 2000 et 2016.
Le danger ne vient pas seulement des ordonnances : produits en vente libre et produits naturels interagissent aussi.
La parade la plus efficace : une révision complète de la médication avec votre pharmacien – surtout quand plusieurs prescripteurs sont impliqués.
Ouvrez votre pharmacie de salle de bain et comptez. Entre les ordonnances du médecin de famille, celles du spécialiste, l’anti-inflammatoire acheté librement et les capsules « naturelles » recommandées par un proche, le total surprend souvent. Vous n’êtes pas un cas isolé : 41 % des Canadiens de 6 à 79 ans prennent au moins un médicament d’ordonnance de façon régulière3, et chez nos aînés québécois, plus d’une personne sur trois utilise maintenant dix médicaments ou plus par année2. Bien prescrits et bien coordonnés, ces traitements prolongent des vies. Mal orchestrés, ils se nuisent – silencieusement.
Là où ça se complique
Chaque médicament ajouté multiplie les combinaisons possibles – et donc les occasions de conflit. Les pièges les plus fréquents ont un air bien innocent : deux produits qui contiennent la même molécule sous deux noms différents ; des horaires de prise qui se contredisent ; un anti-inflammatoire en vente libre qui fait grimper la pression ou irrite l’estomac déjà fragilisé ; un produit naturel qui modifie l’effet d’un anticoagulant. S’ajoutent les doses oubliées – puis doublées « pour compenser » – et les cascades médicamenteuses, où l’on prescrit un médicament pour traiter l’effet secondaire d’un autre sans que personne ne s’en rende compte. Résultat bien documenté chez les aînés : la polymédication augmente la vulnérabilité aux chutes, aux visites à l’urgence et aux hospitalisations.
Plusieurs prescripteurs, un seul dossier
Voici la réalité de bien des patients de Laval : le médecin de famille prescrit, le cardiologue ajuste, la clinique sans rendez-vous ajoute un antibiotique, et personne n’a la vue d’ensemble – sauf un professionnel. Votre pharmacien communautaire est le seul intervenant qui voit passer toutes vos ordonnances, peu importe qui les a rédigées, en plus de pouvoir consigner vos produits en vente libre et vos produits naturels au même dossier. C’est ce qui fait de la pharmacie le poste de contrôle naturel de votre médication – à condition de tout y déclarer, y compris ce qui ne demande pas de prescription.
La révision de la médication : 30 minutes qui changent tout
Concrètement, une révision complète consiste à étaler toute votre médication sur la table – au sens propre. Apportez vos flacons, vos pompes, vos gouttes, vos vitamines et vos produits naturels (« brown bag », comme disent les cliniciens). Votre pharmacien vérifie alors les doublons, les interactions, la pertinence de chaque produit, simplifie les horaires de prise et repère ce qui pourrait être cessé ou déprescrit – en collaboration avec vos prescripteurs. Fait encourageant : lorsqu’on explique les avantages d’un arrêt, plus de 70 % des patients âgés s’y montrent ouverts4. Vous repartez avec une liste à jour, claire, à garder sur vous – précieuse au quotidien, vitale à l’urgence.
Question à poser à votre pharmacien
Pourquoi c’est payant
« Y a-t-il des doublons ou des interactions dans mon dossier ? »
C’est la vérification de base – souvent révélatrice.
« Puis-je simplifier mes heures de prise ? »
Moins d’oublis, meilleure efficacité.
« Ce produit en vente libre est-il compatible ? »
Le réflexe à prendre avant chaque achat.
« Pouvez-vous m’imprimer ma liste à jour ? »
Votre meilleur outil de sécurité, partout
Questions fréquentes
Les produits naturels sont-ils vraiment risqués ?
Pas tous, mais « naturel » ne veut pas dire « sans effet ». Certains modifient l’action d’anticoagulants, d’antihypertenseurs ou d’antidiabétiques. La règle est simple : déclarez-les tous à votre pharmacien.
La révision de ma médication est-elle compliquée à obtenir ?
Non – un rendez-vous suffit. Apportez tout ce que vous prenez, ordonnances ou non. C’est particulièrement utile après une hospitalisation, un nouveau diagnostic ou l’ajout d’un prescripteur.
Une liste courte, une vie longue
Chaque comprimé de votre pilulier existe pour servir une seule cause : cette vie que Dieu vous a confiée et qui ne se remplace pas. En prendre soin, c’est aussi oser faire le ménage – garder ce qui aide, questionner ce qui encombre.
Ne laissez pas le hasard coordonner vos traitements. Décidez d’agir aujourd’hui.
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Clinique Sante Auteuil · 5020, boulevard des Laurentides, Laval (Québec) H7K 2J5 · 450 736-1500 ·
Contenu informatif à visée éducative, appuyé sur des sources canadiennes et québécoises citées. Il ne remplace pas une consultation.
Sources
- Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), La polymédication chez les aînés : seuil de 5 médicaments et plus ; vulnérabilité accrue aux chutes, urgences et hospitalisations.
- MSSS / INSPQ, Portrait de la polypharmacie chez les aînés québécois 2000-2016 : utilisation de 10 médicaments ou plus passée de 26,0 % à 38,1 % chez les 65 ans et plus.
- Statistique Canada : 41 % des Canadiens de 6 à 79 ans prennent au moins un médicament d’ordonnance régulièrement.
- Étude canadienne (2017) citée par la littérature sur la déprescription : plus de 70 % des patients âgés ouverts à cesser un médicament lorsque les avantages sont expliqués.